Le sol

Le sol constitue un habitat complexe et hétérogène sur de courtes distances, qui comprend de nombreux espaces où plusieurs formes de ressources nutritives coexistent. Dès lors, une multitude d’organismes vivants peut coloniser ce milieu donnant naissance à des chaînes trophiques très diversifiées. La plupart des espèces se retrouve dans les 2 à 3 premiers centimètres du sol où les concentrations en matières organiques et en racines sont les plus élevées.

C’est un patrimoine biologique qui détient les fondements d’une gestion durable des milieux et des ressources environnementales… mais qui reste largement méconnu.

Pourtant, le rôle de la biodiversité des sols est déterminant ; le sol fourmille d’êtres vivants aux propriétés étonnantes :

– ingénieurs physiques (vers de terre, fourmis) Ils renouvellent la structure du sol, créent des habitats pour les autres organismes du sol et régulent la distribution spatiale des ressources en matières organiques ainsi que le transfert de l’eau suite à la création de galeries

– régulateurs (nématodes, collemboles, acariens) Ils contrôlent la dynamique des populations des microorganismes du sol et agissent sur leur activité. La présence d’une diversité de prédateurs permet par exemple de limiter la prolifération de certains champignons ou bactéries pathogènes des cultures

– ingénieurs chimiques (bactéries, champignons microscopiques) → décomposition de la matière organique en éléments nutritifs facilement assimilables par les plantes (azote, phosphore), dégradation des polluants organiques comme les hydrocarbures et les pesticides

Les organismes du sol produisent des services essentiels aux sociétés humaines en maintenant les qualités environnementales et productives des milieux

– fertilité du sol : les organismes du sol supportent indirectement la qualité et l’abondance de la production végétale en renouvelant la structure du sol, en permettant la décomposition des matières organiques et en facilitant l’assimilation des nutriments minéraux disponibles pour les plantes,

– protection des cultures : une importante biodiversité dans les sols, c’est augmenter la probabilité qu’ils hébergent un ennemi naturel des maladies de cultures. Maintenir/favoriser une grande biodiversité permet donc de limiter l’utilisation de pesticides

– régulation du cycle de l’eau et la lutte contre l’érosion des sols → perméabilité des horizons de surface due à l’action des ingénieurs d’écosystèmes (vers de terre) : en creusant des galeries, les lombrics permettent à l’eau de pénétrer en profondeur dans le sol, ce qui évite que l’eau ne ruisselle et que le sol ne s’érode

Publié dans Le sol, une ressource à préserver